CHAPITRE 0
Introduction.
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Une drôle de pieuvre vivait heureuse au fond de l’océan. Amusée par la danse de ses tentacules, elle se laissait bercer au gré des courants. Pourtant un jour, la pieuvre vit son bonheur s’obscurcir. Certains de ses tentacules développèrent des yeux indépendants et ne virent plus que leur propre forme. Ils en arrivèrent même à penser qu’ils existaient séparément les uns des autres. A force de se croire séparés, ces tentacules oublièrent qu’il existe une pieuvre et que cette pieuvre est leur corps.

La pieuvre sait qu’elle forme un seul corps, un seul esprit, et que rien n’est séparé. Elle connaît parfaitement chaque partie de ce corps puisqu’il s’agit d’elle-même. Au cœur de chaque tentacule elle essaie de les rappeler. Mais les tentacules n’entendent plus sa voix ou plus exactement, ils n’entendent plus leur propre voix. Ils en sont même arrivés à se moquer les uns des autres et à se juger mutuellement.

Petit à petit, deux camps se sont formés. Le camp des tentacules qui se définissent comme le Bien a voulu changer les tentacules considérés comme le Mal. Ils se sont tous blessés. Alors qu’auparavant ils ne connaissaient ni le bien, ni le mal, les voilà maintenant qui souffrent et éprouvent un sentiment de mal-être.

Au fil du temps, certains tentacules se réveillèrent. La pieuvre était bien leur unique corps. La séparation n’était qu’une illusion. Ils en parlèrent à leurs amis. On les appela des tentacules-prophètes. Ils avaient tous leur façon bien particulière d’exprimer cette vérité. Certains dirent: «Je suis», d’autres: «Je suis ce qui est», ou encore: «seul l’Un est», etc. Mais à leur mort, leurs disciples déclarèrent bien vite que seule la vérité de leur prophète était exacte. Les religions étaient ainsi nées. Et le comble fut qu’au nom de la religion et de la vérité, les tentacules s’opposèrent les uns aux autres. Le mal-être continua.

La pieuvre essayait toujours de leur faire entendre sa voix ; afin qu’ils re-connaissent leur véritable nature, ré-intègrent leurs multiples visages et reviennent à leur état naturel: la joie et la paix. Mais cette voix n’était plus qu’un lointain murmure.

A l’image de ces tentacules, n’avons-nous pas aussi oublié notre véritable identité? Nous nous croyons séparés les uns des autres et agissons de ce fait de manière souvent irresponsable, créant notre propre misère.

Toutefois, même si nous avons oublié qui nous sommes, au fond de nous quelque chose sait et nous appelle. Certains l’appellent le divin, ou Dieu, ou le Christ ou Allah, ou Bouddha ou Tao, ou Mère Nature, d’autres encore la Source ou l’Etre absolu, l’Un, ou la conscience universelle, l’Energie, l’Esprit, le Soi. Plusieurs noms lui sont donnés et peu importe la définition. Ce qui importe véritablement, c’est que l’individu re-connaisse qui il est. Cette reconnaissance est celle de notre Soi éternel: l’essence inchangée des formes éternellement changeantes.

Mais comment s’ouvrir à Soi alors que nous rejetons des parties de nous-mêmes? Comment vivre notre unité alors que nous ne sommes pas en paix avec Paul, Mohammed, Manisha, Grégor, Fatima? Bien des habitudes mentales, au quotidien, nous éloignent de notre paix et de notre bonheur.

Nous passons nos vies à rechercher plus ou moins consciemment cette paix et ce bonheur originels. Nous en avons perdu la saveur alors nous les recherchons dans maintes et maintes directions en nous trompant souvent. Et nous limitons ainsi la conception du bonheur soit à l’amour sentimental et/ou à l’abondance matérielle. Même si tout cela y contribue, nous pouvons parfois tout avoir dans la vie et ressentir pourtant un manque au fond de nous. Ce manque est celui du parfum divin au cœur de nous-mêmes: la douce senteur d’une fleur éternelle dont chaque pétale sait qu’il n’est pas séparé mais forme un tout uni et harmonieux.

Certaines personnes ont la volonté consciente de retrouver cette paix. Ce sont des chercheurs de vérité, des chercheurs de paix. Ils sont en général en quête de méthodes et sont prêts à faire des efforts pour cela. Pour certains, ce sera l’isolement, le renoncement, une vie monacale, pour d’autres, la méditation, l’action désintéressée, ou la dévotion, etc. Certains suivront des enseignements, un guide spirituel, les préceptes d’une église, d’une religion. Quel que soit le chemin pris, il aboutira tôt ou tard au même sentier final, celui qui permet de se retrouver et de vivre la Paix.

Pour d’autres personnes, il n’y a pas de recherche consciente sur un chemin spirituel particulier, mais il y a la volonté de trouver naturellement une certaine harmonie en soi et avec autrui. La vie peut ainsi être une voie et un Maître si l’on est ouvert à ses leçons. Elle nous montre qu’il y a des valeurs qui la rendent simple et des valeurs qui au contraire la compliquent et empêchent toute harmonie. C’est ce que j’appelle un chemin naturel car il ne nécessite pas d’engagement, de méthodes ou de croyances spirituelles particulières. Il suffit simplement d’être ouvert aux leçons de la vie et de pouvoir honnêtement se remettre en question. Ainsi, toute personne en quête de paix intérieure et d’harmonie peut être dénommée «spirituelle». Cela inclut bien entendu les femmes, les mères de famille et les hommes mariés. Aucun statut, aucune condition n’excluent de la spiritualité. Au cœur de la vie et de ses remous, ces personnes apprennent à accepter et ré-intégrer leurs multiples visages. Elles apprennent à être Soi, naturellement.

Quel que soit le chemin, quels que soient les individus, quelles que soient les croyances, le Soi est déjà au cœur de notre Nature. Nul n’en est exempt, nul n’en est éloigné. Seuls nos yeux doivent s’ouvrir pour embrasser notre unité et entrer en communion.

 

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Chapitre 0 - IntroductionChapitre 1 - Mon expérienceChapitre 2 - Re-connaître sa nature essentielleChapitre 3 - Comprendre le mentalChapitre 4 - S’ouvrir au cœurChapitre 5 - Connais-toiChapitre 6 - Etre soi, naturellementChapitre 7 - Ouverture à soi, mythes et dangersChapitre 8 - Conclusion
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Dépôt du document: Fabienne Barousse – Tilicho, Novembre 2008 @ copyright France. (Version finale: février 2009)