CHAPITRE 4
S’ouvrir au Cœur.

Nos vies se déclinent à l’extérieur,
Dans le travail, avec la famille, avec les amis.
Notre attention est perpétuellement ailleurs,
Et nous oublions de t’écouter, l’Ami,
De l’intérieur.

Les face-à-face avec nous-mêmes nous font peur.
Ils nous paraissent ennuyeux.
Alors la fuite continue, avec toujours la même ardeur.
Les bruits et les rires nous rassurent et semblent rendre heureux.
Mais toi l’Ami de l’intérieur, es-tu vraiment heureux?

Quand vais-je prendre le temps de me poser?
Quand vais-je prendre le temps de m’écouter?
Oserai-je laisser mes blessures remonter?
Tout ce que je camoufle depuis si longtemps,
Tout ce que je nie et étouffe en souriant.

Il est temps.
N’es-tu pas fatigué de ces tournoiements?
Nourris-toi, écoute-toi,
Prendre un peu de temps pour soi
N’est pas perdre son temps.
Ose regarder qui tu es et exprimer pleinement
l’enfant en toi qui t’appelle, éternellement.


Notre enfant intérieur ne cesse de nous appeler, mais tant que notre esprit n’est pas ouvert, nous ne pouvons l’entendre. En revanche, lorsque notre esprit s’ouvre parce qu’il n’est plus dans la dualité, dans le rejet de lui-même, alors plus rien n’est un voile à l’amour. Que peut faire notre esprit, notre ego, si nous ne sommes plus en conflit avec lui, si nous n’avons plus peur de voir son visage? Seules notre ignorance sur notre nature profonde et notre peur de la vérité empêchent la Paix. Lorsque nous osons regarder qui nous sommes et faisons la paix avec nous-même, nous pouvons nous oublier et nous ouvrir au cœur, à Soi, à tout ce qui est.

L’esprit en paix retrouve alors naturellement et progressivement sa présence. Cette présence ressemble au regard d’un enfant qui observe et accueille la réalité telle qu’elle est, sans jugement, sans filtre mental, sans référence au passé et sans idées pré-conçues de l’avenir. Mais avant que notre regard puisse retrouver son innocence, l’ego doit s’être réconcilié avec lui-même.

Cette réconciliation, cette paix de la conscience peut se faire dès aujourd’hui. Nul besoin d’attendre plus longtemps. Il ne s’agit pas de se changer ou de se transformer, mais de se regarder en face. Or, avec du courage et de l’honnêteté, beaucoup d’entre nous sommes capables de cela. Rien n’existe en dehors de Soi. Tant que l’on ne s’est pas «dénudé» et réconcilié avec soi-même, les autres et le monde, comment pourrait-on s’ouvrir à Soi? S’ouvrir à Soi est fondamentalement une réconciliation. L’ombre n’a plus peur d’elle-même. Elle danse avec la lumière jusqu’à se dissiper dans son éclat.

Si chacun de nous faisait la paix avec sa conscience, la paix du monde serait possible. La paix ne se construit pas de l’extérieur. Elle se fait à l’intérieur de notre esprit. C’est lui qui manifeste sa réalité dans la matière. C’est notre état d’esprit qui conditionne notre réalité. Si les esprits font la paix, la paix se manifestera dans le monde. C’est absolument logique, mathématique. Et c’est tout simplement une question de choix, de courage et d’honnêteté. Est-il si difficile, seul face à soi-même, de reconnaître sa face cachée et de se réconcilier avec elle? Si l’on vous prend par la main pour vous aider à cela, est-ce toujours aussi insurmontable? Bien sûr, dans les faits, le quotidien ne peut changer du jour au lendemain. Mais ce n’est pas important. Nul besoin de rechercher des changements ou de réfléchir à quoi que ce soit. Par les seules prises de conscience qui permettent de se connaître et de s’accepter, les changements s’opèrent d’eux-mêmes. Les décisions à prendre deviennent un jour évidentes. A partir du moment où à l’intérieur de son esprit, les ombres sont mises en pleine lumière, il n’y a plus de place pour une marche arrière. Toutes les frontières s’effaceront un jour. La paix est une ouverture. C’est une communion.

N’oublions pas aussi que la mort peut nous prendre à tout instant. Alors pourquoi ne pas donner une chance à la Paix, à la vérité, à la Vie, maintenant? C’est un très beau cadeau que nous nous ferions.

Nous sommes tous à un certain stade de développement personnel, à un certain endroit sur une route. Telle personne est avancée sur la route. Elle est sage. Telle personne stagne encore au départ du chemin. Telle autre est coincée à mi-route. Et cela n’est pas important! Car où que nous soyons sur cette route, à l’endroit où nous sommes, ceci est soi. La rencontre avec soi, avec sa paix, ne peut donc pas se faire ailleurs qu’ici et maintenant, avec les qualités et les limites qui sont les siennes. Nous n’avons pas à chercher à être une meilleure personne, plus sage, plus aimante, plus belle, plus positive, plus (…), ce serait courir après son ombre. Nous devons tout simplement nous accepter totalement tels que nous sommes aujourd’hui. La véritable «belle» personne apparaîtra alors un jour sans efforts. En ce sens, il se peut que le plus grand sage qui a développé des qualités et des vertus exceptionnelles résiste encore de manière très subtile à sa vérité et ne puisse s’ouvrir à elle. Alors que le voleur, avec beaucoup de courage et d’honnêteté, pourra faire la paix avec sa conscience et vivre de plus en plus en harmonie avec sa Nature.

Nous sommes déjà pardonnés et n’avons jamais cessé de l’être. Cependant, dans notre esprit, nous résistons encore à notre ego. La véritable ouverture est de lâcher prise face à toutes nos résistances. Nous n’avons pas à connaître, absolument, toutes les limites de l’ego. En revanche, notre esprit peut être totalement disposé à reconnaître et à accepter n’importe quelle limite qui se présente à lui. Comprenez-vous cette subtilité? C’est cela la véritable ouverture. Etre totalement disposé à accepter ce qui est. Nous devons lâcher prise avec tous nos mécanismes de défense. Nous devons nous ouvrir à notre fragilité, à notre vulnérabilité. Nous devons baisser les bras. Nous devons apprendre à pouvoir rire de nous-mêmes, à nous moquer gentiment de nous-mêmes, à développer un bon sens de l’humour et comprendre que la seule perfection qui existe est la reconnaissance et l’acceptation de ses imperfections. L’atteinte d’un idéal est encore le jeu de l’ego.

En pratiquant le yoga, je constate chaque fois à quel point il est difficile de ne pas rechercher un but. Dans chaque posture, il n’est pas nécessaire de se surpasser ou d’essayer de réussir parfaitement la pose finale. L’essentiel est de se détendre et de s’arrêter là où sont ses limites. Et c’est justement dans cette détente et acceptation de ses limites, que le corps naturellement s’ouvre et se dépasse. Rien ne devrait être plus facile que d’être à l’écoute de son corps et de ne pas forcer, de respirer avec lui. Pourtant, c’est le plus dur à faire car notre tendance est toujours de forcer, d’aller plus loin, de se dépasser. Dans notre vie quotidienne, nous nous comportons de la même façon. Nous n’essayons jamais d’accepter qui nous sommes. Nous résistons. Nous fuyons la vérité de notre être. Or, le yoga, dans son sens originel d’union, d’ouverture à Soi, est toujours ici et maintenant, avec les limites qui sont les siennes.

1. Comprendre la racine de nos problèmes pour en finir avec la culpabilité.

Nous ne sommes pas responsables. Notre blessure est responsable. Cessons de nous culpabiliser et de nous identifier à elle. Cette blessure remonte au début de l’humanité. Elle est le fruit de l’ignorance de notre nature profonde. Cette ignorance a créé la séparation, le jugement, les interdits, la culpabilité, le rejet et la peur de la vérité. Nous sommes les victimes de conditionnements moraux et sociaux qui ont influencé le comportement et les valeurs de nos parents, qui furent eux-mêmes influencés par leurs parents, etc. Rien ne sert de chercher et d’accuser un coupable car nous sommes tous en vérité les victimes de victimes de victimes. Et rien ne sert non plus de nous identifier à la victime. Nous devons dépasser toutes ces identifications. Victime, coupable, tournons la page. Comprenons tout simplement notre blessure. Plus nous la comprendrons, plus nous pourrons nous pardonner et pardonner à tous ceux qui nous ont blessés. Il n’y a pas de loups. Il n’y a que des gentils chiens qui furent très blessés. Quand quelqu’un nous blesse, c’est que cette personne est elle-même très blessée. C’est sa blessure qui s’exprime. Mais en réalité, chaque personne est digne d’amour et mérite notre amour. Plus on comprend cela, plus on s’ouvre. On s’ouvre à soi, on s’ouvre aux autres et on finit par s’ouvrir et comprendre aussi ceux qui ne sont pas ouverts à soi, qui nous critiquent, qui ne nous aiment pas, qui ont des jugements erronés et injustes à notre sujet, qui ont des comportements blessants, etc. La compréhension est l’alliée de la patience, de l’acceptation et de l’amour. En revanche, nous ne sommes pas du tout obligés de nous entendre et d’avoir des affinités avec tout le monde. Il est naturel de ne pas avoir envie de voir quelqu’un. Il est naturel de prendre de la distance et même de se fermer à quelqu’un qui nous blesse. Ne tombons pas dans le piège de devoir apprécier tout le monde. Mais au fond de notre cœur, nous pouvons fondamentalement comprendre l’autre et en ce sens, rester ouvert et en paix. C’est cela une véritable vie éveillée.

2. Maintenir l’ouverture.

L’esprit ouvert dit OUI à tout ce qui est. Comme nous venons de le voir, cela ne l’empêche pas non plus de fixer naturellement certaines limites lorsque c’est nécessaire. Mais dans la profondeur du cœur, l’ouverture est présente. Par exemple, il est naturel d’éviter la compagnie de quelqu’un qui profite de vous. Toutefois, dans votre cœur, vous pouvez comprendre cette personne et de ce fait être en paix avec lui/elle. Or, nous pouvons tous, avec quelques clés maintenir la paix et l’ouverture de notre esprit:

a. La clé de la compréhension:

Chaque fois que vous n’arrivez pas à accepter des aspects de vous-même ou des autres, rappelez-vous ceci:

«Ce que je n’aime pas de moi, ce n’est pas moi, c’est ma blessure.
Je suis fondamentalement Amour».

«Ce que je n’aime pas des autres, ce n’est pas eux, c’est leur blessure.
Chaque personne est fondamentalement Amour»

b. La clé de la sensibilité:

Chaque fois que votre cœur n’est pas en paix, rappelez-vous que c’est parce qu’il n’est pas satisfait. Or, nous pouvons satisfaire notre cœur en étant sensible à nos propres besoins et aux besoins des autres: notre entourage, notre famille, nos amis, nos collègues, nos voisins, etc. Pratiquons cela:

«J’essaie désormais d’être plus sensible à mes propres besoins et aux besoins d’autrui.»

Il est important de se faire plaisir et de faire plaisir aux autres. Si nos choix, nos décisions, nos actions, nos paroles sont simultanément sensibles à soi et aux autres, notre cœur sera nourri et en paix. Il est toujours possible de trouver des solutions qui peuvent prendre en compte la satisfaction de chaque partie. Certains n’oublient jamais de se faire plaisir mais ils négligent les besoins de leurs proches. D’autres au contraire oublient de se faire plaisir mais tiennent compte des besoins des autres. Dans les deux cas, le cœur ne peut pas être en paix. Trouvons le juste milieu, et laissons ce «juste milieu» évoluer naturellement au rythme de son ouverture au cœur.

c. La clé de l’humour:

Chaque fois que vous critiquez les autres, ou lorsque les autres vous jugent, prenez la clé de l’humour. Au lieu de résister à l’ego, pourquoi ne pas reconnaître que vous êtes (en surface) un super-ego, comme tout le monde.
«Nous sommes tous des super-ego!»

Quelle relaxation! Nous n’avons plus à prétendre quoi que ce soit. Tous, autant que nous sommes, nous sommes exactement pareils. Nous portons tous dans notre Esprit (les cellules de toute chose), les mêmes blessures: la mémoire, la connaissance du tout. Notre être prend plusieurs formes et plusieurs visages, mais en réalité il s’agit bien d’un seul Esprit, d’un seul acteur à plusieurs visages. Tant que nous rejetons l’un de nos visages, nous nous rejetons nous-mêmes. L’autre est soi. Avec cette compréhension, si nous avons des reproches à faire à quelqu’un, nous essaierons de le faire sans blesser ou culpabiliser la personne en question. Déposons toutes nos armes. C’est cela aussi une vie éveillée.

Nul besoin non plus de nous comparer et de croire que telle personne a tel problème et pas soi. Il devient alors ridicule de montrer du doigt les autres. Nous faisons tous des erreurs à un moment ou à un autre, et il est important de les réparer. Mais lorsque les autres nous montrent du doigt, nous pouvons désormais relativiser: «pourquoi tant de susceptibilité et de culpabilité de ma part? Est-ce que ceux qui montrent du doigt sont mieux que moi?»

Il ne reste plus qu’à développer un bon sens de l’humour! Rions de nous-mêmes! Et oui, nous en sommes là aujourd’hui! Le bras et la jambe d’un même corps se pincent et s’attaquent! N’est-ce pas ridicule? Seuls l’humour et la compréhension de notre état peuvent nous faire sortir de l’absurdité dans laquelle l’oubli de notre véritable nature nous a plongés!

d. La clé de la confiance:

Chaque fois que vous n’êtes pas satisfait dans votre vie, rappelez-vous que:

«Tout est toujours parfait. Soyons confiants et patients.»

Certes, le «passage à vide» ou les difficultés rencontrées font douter de cela. Si vous manquez de clarté quant aux décisions à prendre, rappelez-vous que souvent, ce n’est qu’une question de patience. Quand nous ne savons vraiment pas quoi faire, sachons attendre que la vie nous indique la direction ou que la décision à prendre devienne un jour évidente. Par ailleurs, rappelez-vous que vous n’êtes pas seul(e). L’existence entière fait partie de votre Corps. Combien de bras peuvent vous serrer! Combien de sourires peuvent vous réchauffer! Combien tout peut vous être apporté! Mais nous empêchons le courant de la vie car nous avons oublié notre véritable nature. Nous avons perdu le contact. Nous ne savons plus ce que veut dire faire confiance et être patient. Pourtant, nous pouvons faire absolument confiance en notre Nature! Elle est absolument merveilleuse! Et lorsque nous traversons des épreuves (nos attentes ne sont pas satisfaites, nos rêves s’effondrent, nos économies partent en fumée, les difficultés s’accumulent, etc.), rappelons-nous qu’il s’agit aussi fondamentalement d’un cadeau, celui qui nous permettra d’accueillir nos limites et de nous ouvrir davantage à tout ce qui est. Faisons confiance jusqu’au bout. Sachons relativiser et accepter toute situation présente, tout en conservant un comportement naturel.(15)

Toutefois, j’aimerais préciser que la confiance absolue ne signifie pas la confiance aveugle. Lorsque nous devons traverser la route, restons prudents, regardons des deux côtés!

e. La clé de la libre expression:

Dans les situations où nous nous fermons a priori:

Nos a priori, nos préjugés, nous font parfois nous fermer automatiquement à certaines personnes. Le regard sur la vie n’est plus innocent. Ce n’est plus un regard ouvert, présent, sans référence au passé et sans idées préconçues de l’avenir.

Chaque fois donc que vous vous fermez a priori, rappelez-vous ceci:

«Si je sais dire «non», je peux rester ouvert(e) aux nouvelles expériences de la vie.»

Je m’explique. Si vous avez par exemple entendu dire que telle personne n’est pas honnête, ou alors si vous supposez que telle autre est manipulatrice, il y a de fortes probabilités pour que, sans même les connaître, vous soyez fermés à ces personnes. Si elles sonnent un jour à votre porte, vous resterez fermés. Pourquoi? Cherchons encore du côté des peurs. Or, si vous savez exprimer librement vos opinions, vos désaccords ou vos insatisfactions, vous n’aurez pas peur de rester ouvert(e) à tout type d’individus. Vous saurez ne pas être victime. Vous pourrez de ce fait maintenir d’abord votre ouverture, permettre la rencontre, et si par la suite, vous estimez qu’il est préférable de vous fermer, vous vous fermerez, vous saurez dire «non». Mais la fermeture a priori, avant même de donner une chance à autrui, n’a généralement pas de sens. Osons donc rencontrer la vie. C’est sûr, cela est davantage un défi. Cela entraîne sûrement beaucoup plus de difficultés mais peut-on dire «oui» à la vie si l’on se ferme à ses expériences?

Dans les situations où nous avons une attitude défensive:

Nous nous sentons parfois menacés ou accusés à tord. Nous pouvons aussi dans certaines situations, avoir peur pour notre image, notre réputation, et de ce fait nous allons soit:

- adopter une attitude défensive et/ou accusatrice. Généralement cette attitude ne permet pas de garder un dialogue ouvert car elle remet la culpabilité sur l’autre et donne souvent une version déformée de la réalité, soit:

- nous fermer encore plus et ressentir de la frustration. Ce qui n’est pas non plus favorable à l’ouverture.

Chaque fois que vous êtes sur la défensive, rappelez-vous ceci:

«Quelle que soit la situation,
«je vais essayer d’expliquer clairement mon point de vue et les faits, sans être défensif ou agressif».

Essayons aussi de rencontrer nos blessures car elles freinent notre ouverture. Elles sont souvent profondes et très enfouies. La douleur prend parfois la forme d’une muraille avec l’extérieur, de la froideur, de l’indifférence ou d’un masque très sympathique et amusant. Quel que soit ce masque, transpercez-le afin de rencontrer votre blessure, et vous serez surpris de voir un jour tant de larmes couler.

2. Rencontrer ses blessures.

Habituellement, la façon la plus spontanée de guérir ses blessures est l’expression de ses émotions, de sa colère, ou l’expression des interdits. Mais ceci a parfois des conséquences fâcheuses qui pourraient être évitées. Certains, en exprimant leur colère finiront par ne plus jamais parler à leurs proches. D’autres, exprimeront les différents tabous sociaux tels que les tabous sexuels par exemple, par des comportements provocateurs. Même si ces comportements sont souvent mal jugés, il est déjà beaucoup plus sain de s’en libérer en les exprimant, que de les nier en soi et d’avoir par la suite des comportements accusateurs, moraux et répressifs envers ceux qui osent les exprimer. Toutefois, il y a des façons plus naturelles (respectueuses) de se guérir de ses blessures. Nous pouvons totalement rencontrer notre douleur, notre ego, notre «je».

La technique de l’auto-investigation(16) préconisée par le grand sage indien Ramana Maharshi, conseille de «suivre la trace de la pensée «je» jusqu’à sa source pour trouver d’où surgit le «moi». A ce moment là, le «moi» se dissipe». Il ne reste plus que la paix. Cette paix est le fruit de l’observation totalement neutre et totalement inclusive de tout ce qui est.

Par la présence consciente de ce qui est, la blessure ne peut subsister. Fermez les yeux et reconnectez-vous aux impressions intérieures. Observez votre esprit, sans jugement. Voyez et ressentez totalement toute votre douleur, toutes vos émotions, toute votre haine si elle est présente. Rencontrez votre blessure telle qu’elle est: «je ne suis pas assez bien», «je suis une mauvaise personne», «j’ai peur pour mon image», «j’ai peur que les autres pensent que je suis comme ceci ou comme cela», «je suis toujours déçu(e) par les autres», «je manque de confiance en moi», «je ne m’accepte pas», «je ne m’aime pas», «je suis dur(e)», «je ne suis pas assez ceci ou pas assez cela», etc. Observez maintenant comment, lorsque vous ne résistez absolument pas à votre blessure, lorsque vous acceptez totalement sans jugement ce qui est présent à votre esprit ici et maintenant, votre douleur s’atténue et vous retrouvez un espace de silence et de paix. Vous vous apercevez ainsi que votre blessure n’est que du vent. Nos blessures ne sont vraiment que des idées fausses, des idées du passé auxquelles nous croyons toujours. Pourtant, chaque jour est nouveau. Chaque jour est une renaissance.

Lorsque vous cessez de résister à ce qui est dans votre esprit, que trouvez-vous? Le vide? L’ouverture? Le silence? La paix? Ce que vous trouvez est le fondement de vous-même et de toute chose. C’est ce qui justement permet de reconnaître et d’accueillir toute chose (les pensées, les blessures, le vide, l’ouverture, etc.) C’est notre présence, ouverte et consciente. C’est notre refuge car rien ne peut affecter cette présence.

Dans le quotidien, essayez maintenant de maintenir cette présence, cette ouverture à tout ce qui est. Une vie éveillée est une vie de non-résistance à la vérité de chaque instant. Rien n’est à atteindre mais tout est à accueillir.

Face à vos difficultés, vos problèmes, vos émotions, prenez quelques secondes pour observer et expérimenter ce qui se passe en vous. Si par exemple on vous critique à tord, observez votre esprit, ne résistez pas à votre émotion. Ressentez-vous de la colère? le désir de réagir fortement? le désir de blesser à votre tour la personne blessante? l’envie de représailles? le désir de vengeance?, etc. Voyez pourquoi au fond, vous ne supportez pas d’être injustement critiqué(e): peut-être parce que vous manquez de confiance en vous, que vous doutez de vous, ou que vous éprouvez un sentiment de culpabilité? Ressentez aussi tout cela en vous. Ne résistez à rien.

Si vous vous sentez frustré(e) parce que vous avez besoin d’aide, de chaleur, de compréhension et d’écoute, mais que cette aide ne vous est pas apportée, revenez à l’observation intérieure. Soyez complètement ouvert et présent à vous-même, sans jugement. Observez vos sentiments intérieurs: sentiment d’abandon? d’ingratitude? d’injustice? lassitude? peur de la solitude? peur d’être rejeté? peur de faire les mauvais choix? peur du vide? peur de l’ennui? peur de votre seule présence? etc. Qu’est-ce que ces émotions cachent? Aimez-vous suffisamment la personne que vous êtes? Si ce n’est pas le cas, ouvrez-vous à votre propre sentiment de rejet. Que ressentez-vous? Le manque de confiance? L’indifférence? La dureté? La froideur? Le dégoût? La haine? etc. Rencontrez ces sentiments. Dites «oui» à tout cela. Ne rejetez rien, ne jugez rien, ne résistez à rien. Vous avez le droit de ressentir ces émotions. Ce n’est pas vous. C’est votre blessure. Lorsque l’esprit ne résiste plus à ce qui est, il s’ouvre à son «silence» et à sa paix. Expérimentez cela. Et laissez ce silence parler en vous.

Les réactions du mental sont souvent blessantes. Notre nature profonde, au contraire, quand nous la laissons s’exprimer, apporte toujours les solutions les plus justes et les plus appropriées. Cela peut d’ailleurs être une réaction de colère. Mais elle sera désormais telle la colère d’une mère avec son enfant. Sa source est le cœur et non le mental blessé.

Lâchons donc prise avec toutes nos résistances, jusqu’à ce que nous ressentions la paix au fond de nous-même. Seules notre résistance et notre ignorance en voilent l’accès.

Par ailleurs, nous pouvons également apporter plus de paix à notre esprit par le simple fait d’écrire une lettre. Exprimez dans cette lettre tout ce que vous avez sur le cœur, sans retenue, sans cherchez à être «correct» ou poli. Exprimez toutes vos insatisfactions, toute votre déception, toute votre colère, toute votre haine si elle est présente, votre désir même de tuer s’il existe, etc. Si cette lettre s’adresse à quelqu’un, ne la postez pas ; mais par le simple fait d’avoir totalement extériorisé votre blessure sur un papier, celle-ci occupera désormais moins de place dans votre esprit. Plus l’esprit est en paix et plus, naturellement, il est présent, prêt à accueillir sans résistance la vérité de chaque instant.

Pour libérer la peine de votre cœur, vous pouvez encore vous asseoir et, les mains sur le cœur, vous balancer d’avant en arrière. Lamentez-vous avec le son «ah» au rythme de ce mouvement. Ne jouez pas la comédie, ressentez vraiment votre lamentation monter et venir de l’intérieur. Osez vous lâcher. Exprimez toute la peine de votre cœur. Reconnectez-vous à vos émotions.

Vous pouvez aussi, lorsque le courant ne passe plus avec certaines situations ou certaines personnes, poser vos mains au centre de votre poitrine et respirer dans votre cœur en imaginant le visage ou la situation blessante. Notre ouverture est une question de souffle. Nous devrions pouvoir respirer au travers des murs, des obstacles, des conflits, des personnes qui nous blessent. Respirons dans notre cœur avec ce qui nous dérange, sans oublier de respirer aussi avec ce qui nous soutient: notre mère la Nature et tous les esprits d’amour de la terre. Ouvrons-nous.

De nombreuses techniques, de nombreux thérapeutes, et de nombreux enseignants spirituels peuvent vous aider à rencontrer ces blessures. Grâce à une non-résistance totale, vous pourrez reposer votre esprit au cœur de lui-même. Ayez recours à tout ce qui vous convient le mieux. L’important est de rester ouvert à soi et à tout ce qui est. Plus l’ouverture sera présente, plus la paix de votre nature se manifestera.

Laissez simplement votre nature s’exprimer. Continuez à ne faire que ce qui vous semble simple, évident, naturel, harmonieux. Bien-sûr, vous rechuterez. Cela aussi est naturel. Continuez à fixer votre attention sur votre ouverture. Continuez à vous accepter et à vous adoucir. Laissez faire le temps. Un jour, vous vous apercevrez que les difficultés de la vie peuvent survenir, elles ne vous emporteront pas et n’emporteront pas les autres non plus. Vous serez tel un arbre qui naturellement bouge sous les orages et les tempêtes (les émotions peuvent être présentes et faire des remous), mais que rien fondamentalement ne peut déraciner.

3. La réconciliation.

Lorsque face au miroir de sa conscience, on se regarde tel que l’on est, sans gêne, sans honte, avec ses ombres et ses lumières, l’ombre n’agit plus par derrière, elle est intégrée à la personnalité. On peut ainsi se libérer du bien et du mal, être absolument soi-même avec toutes ses couleurs et ses facettes, et enlever le fardeau de la culpabilité.

Bien entendu, se libérer ne veut pas dire pouvoir désormais agir impunément à sa guise car nous sommes responsables de notre unité et nous récoltons ce que nous semons. Se libérer est un travail entre soi et sa conscience qui nécessite une grande honnêteté vis à vis de soi car il y a certains points de nos personnalités que nous avons beaucoup de mal à reconnaître et intégrer.

Toutefois, il est très important de préciser qu’il y a certains aspects de soi que l’on ne peut pas voir et que l’on ne veut pas voir tout simplement parce que ce n’est pas le moment. On ne serait pas prêt à les intégrer et à accepter les conséquences de certaines prises de conscience. Rien ne doit se faire en force. Il semble alors naturel de rester à son écoute. Les saisons tout comme les individus ont leur rythme. Et cela n’aurait pas de sens de vouloir faire mûrir les fruits d’été au printemps. Laissez donc un peu de temps au temps pour faire son petit travail, pour guérir vos blessures, apprivoiser vos peurs et vous permettre d’accepter à la fois vos ombres et votre lumière.

Certains d’entre vous ont développé de forts mécanismes de défense et sont encore dans des habitudes mentales très teintées de culpabilité, de haine de soi et d’auto-destruction. La lumière, la vérité, vous fait très peur et cela est normal. Je sais aussi que vous n’arriverez pas du jour au lendemain à vous considérer comme une belle personne, et à croire qu’en vous, il y a exactement le même amour qu’en tout le monde. Pourtant c’est vrai, vous êtes magnifique, digne d’amour, et tout autant Amour que n’importe qui d’autre. Peu importe que votre cœur soit grand ou pas. La seule chose qui importe c’est que votre cœur soit vrai. Tournez la page avec le passé. Essayez simplement de ne pas recommencer vos erreurs et si vous n’y arrivez pas tout de suite, comprenez que c’est normal. Toute rechute fait partie du processus de guérison. J’ai un jour entendu cette phrase et elle est restée dans mon esprit. Elle est tellement importante. Laissez le temps au temps. Ne vous inquiétez pas. La vie vous aidera car elle est de tout cœur avec vous. Je sais à quel point certains d’entre vous ont été extrêmement, extrêmement, extrêmement blessés. Je connais votre peine. Relevez la tête. Croyez-en votre beauté. La vie vous aime.

Quant à vous, qui au contraire pensez être très bien dans votre peau et dans votre tête, êtes-vous si sûr que cela d’être en paix avec vous-même? Cela est peut-être exact mais permettez-moi d’en douter. C’est sûr, vous en avez sûrement toutes les apparences. Et d’ailleurs, vous vous laissez je pense souvent tromper par elles. Mais il va falloir aller voir derrière les apparences, ce que cache votre image. Etes-vous ouvert à tout type de personnes, sans aucun a priori? Etes-vous peu critique envers qui que ce soit? Pouvez-vous accepter d’être une personne très banale, ordinaire, sans grand intérêt aux yeux du monde? Pouvez-vous rester seul, sans distractions, face à vous-même? Pouvez-vous garder le cœur ouvert alors que vous êtes injustement jugé? Pouvez-vous accepter de paraître ridicule et d’être ridiculisé? Pouvez-vous prendre la vie comme elle vient lorsqu’elle ne correspond pas à vos attentes? Pouvez-vous vous adapter facilement à n’importe quelle situation? Pouvez-vous vous taire lorsque le dialogue est vain avec des personnes arrogantes qui savent toujours mieux que vous? Pouvez-vous réagir très fermement lorsqu’il le faut? Pouvez-vous accepter d’être le perdant? Pouvez-vous accepter d’être le gagnant? Pouvez-vous ne laisser aucune peur irrationnelle vous guider? Si vous le pouvez, alors je veux bien vous croire, sinon, la réconciliation avec vous-même n’est peut-être pas encore finie et je vous invite à essayer de voir, tout simplement, ce qui l’en empêche.

Toi qui te dresses tous les matins sous le soleil,
Montre-toi son égal, montre-toi son pareil,
Cesse de te cacher,
Cesse de te défendre,
Cesse de te protéger,
Cesse d’ériger des forteresses de connaissances,
Connais simplement qui tu es.
Tu n’as rien d’autre à faire: être Vrai.

Connais-toi
Connais tes ombres
Connais tes masques
Connais tes faux semblants
Connais tes peurs
Connais ton orgueil

Petite clé d’honnêteté,
Ô combien précieuse tu es,
Lorsque plus rien n’est caché sous le soleil,
C’est son éclat qui se révèle,
Il t’inonde de sa grâce et de son pardon.
Cesse de perdre ton temps, cesse de tourner en rond,
La Vérité dévoilée effacera toutes les pages,
Et elle est si près de toi!
Réveille-toi!

 

L’amour de la vérité nous ramène à la Vérité.


Faisons la Paix

Jouons à un jeu. Si demain, toutes les personnes que vous rencontriez dans votre vie, pouvaient tout voir de vous, dans vos moindres recoins et jusqu’à vos plus profonds secrets, seriez-vous gêné? Là où sont vos gênes, se trouvent vos limites. Ces limites se trouvent aussi là où vous essuyez des revers, des échecs, des déceptions, des conflits, là où vous avez des peurs irrationnelles et chaque fois que vous ne pouvez être en paix dans votre cœur avec quelqu’un.

Je vous invite donc à prendre un peu de votre temps pour répondre par écrit aux questions suivantes afin de mieux pouvoir identifier vos ombres et vous ouvrir à votre face cachée. Cela permet de faire un bilan de conscience qui en soi n’est pas grand chose mais peut changer beaucoup de choses dans votre vie et la vie de vos proches, ainsi qu’au moment de votre mort. Car naturellement, plus l’esprit est en paix et plus il retourne au cœur de lui-même. Ce cœur est notre refuge.

Rappelez vous que rien n’existe en dehors de Soi. Tout ce que vous rejetez dans la vie renvoie donc à un aspect de vous-même que vous n’avez pas encore accepté et intégré.(17)

1. Quels sont les reproches que l’on vous fait habituellement? Sont-ils vrais?

2. Que rejetez-vous à votre sujet? Quelles sont vos gênes (passées et présentes)?

3. Que rejetez-vous chez les autres? Qui ne supportez-vous pas?

4. Que rejetez-vous dans le monde? Quels acteurs politiques, économiques, religieux, historiques ne supportez-vous pas?

5. Quelles sont vos peurs irrationnelles?

Pouvez-vous maintenant ouvrir votre cœur à tout ce que vous rejetez?
(Observez intérieurement ce que vous rejetez et ouvrez-vous à cela jusqu’à la paix.) Pouvez-vous dire «oui» à tout ce que vous êtes (votre personne et ses visages extérieurs)? Pouvez-vous vous pardonner? Pouvez-vous pardonner les personnes qui vous ont blessé(e)?

Vous voilà maintenant nu(e) devant votre miroir intérieur et vous n’éprouvez aucune gêne. Vos tendances auront du mal à se dissiper mais ce n’est pas un problème. Ne forcez donc rien car cela créerait une force contraire. Et ne cherchez pas à partir en guerre contre cet ego que vous connaissez si bien maintenant. Continuez au contraire de le voir, de l’accueillir, de l’accepter et de développer un bon sens de l’humour! Sachez rire de vos travers! De lui-même, lentement, imperceptiblement, l’ego finira par se dissiper. Que cela prenne un ou dix ans, cela n’est pas important. Continuez simplement de vous accepter tel que vous êtes.

Sentez-vous le souffle de votre esprit apaisé? Les mensonges et les faux-semblants ont cessé. Et même si vous ne voyez pas tous vos mensonges, à partir du moment où vous êtes ouvert et disposé à reconnaître que, comme tout le monde, vous vous voilez la face, cela est déjà un grand pas vers la paix.

Ce pas vers la paix est à la portée de tout le monde. Pourtant, certains esprits résisteront car ils sont encore fortement teintés de culpabilité, ou d’orgueil. Ils auront du mal à s’ouvrir à eux-mêmes. Ils devront, pour dépasser leurs résistances, commencer par accepter leur culpabilité, ou leur fierté, et dire «OUI» à leur état de gêne, de honte, ou à leur arrogance. Cela peut prendre du temps. Il n’y a rien à forcer. Voyez encore une fois que tout cela n’est que des blessures.

Dans le chapitre suivant, j’ai essayé de faire une liste de questions et de donner des exemples de nos limites les plus communes afin de vous aider à identifier les aspects encore sombres de vous-même. Lorsque la clarté et la conscience sont présentes, les ombres ne peuvent subsister.

Cette clarté peut aussi nous aider à instaurer plus d’harmonie dans nos vies. Car une fois que nous avons fait le tour de nos limites, il est plus facile de les identifier et de les reconnaître dans notre quotidien. Il est plus facile d’éviter qu’elles s’expriment de manière incessante. Cela aide à revenir à notre état naturel.

L’acceptation de l’ego et de ses limites favorise une détente intérieure à partir de laquelle l’esprit redevient naturel, léger, spontané, ouvert et présent. Jouons donc aussi avec «l’illusion» (l’ego) pour dépasser «l’illusion» (le monde phénoménal et les impressions qu’il nous laisse) et retrouver notre présence sereine.



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(15) comportement naturel: «Le Naturel est tout simplement ce qui n’est pas contre-nature, c’est-à-dire ce qui n’est pas contre soi, autrui, la nature, le vivant dans son ensemble. Toutes les formes étant son corps, cela n’aurait pas de sens de ne pas les respecter. Ce qui est naturel est ce qui respecte l’unité.» (Chapitre 6).

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(16) L’auto-investigation: Sois Ce Que Tu Es. Les enseignements de Sri Ramana Maharshi. Sri Ramanashramam, Tiruvannamalai, India, 2005.

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(17) accepté et intégré: Le rejet implique une émotion négative, par exemple: «je déteste les avares». Lorsque le rejet est présent et permanent, cela renvoie à un aspect de soi que l’on n’a pas accepté et intégré. Lequel? Peut-être dans cet exemple: le rôle de victime, celui qui finira toujours par payer, ou alors le fait de ne pas savoir suffisamment exprimer clairement son opinion pour ne pas avoir à subir certains comportements d’autrui.
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Chapitre 0 - IntroductionChapitre 1 - Mon expérienceChapitre 2 - Re-connaître sa nature essentielleChapitre 3 - Comprendre le mentalChapitre 4 - S’ouvrir au cœurChapitre 5 - Connais-toiChapitre 6 - Etre soi, naturellementChapitre 7 - Ouverture à soi, mythes et dangersChapitre 8 - Conclusion
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Dépôt du document: Fabienne Barousse – Tilicho, Novembre 2008 @ copyright France. (Version finale: février 2009)

 

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